Données de santé : Docaposte, AstraZeneca et Impact Healthcare créent le consortium "Agoria Santé"

Lundi 5 juillet

PARIS (TICpharma) - Docaposte, AstraZeneca France et Impact Healthcare ont annoncé la création du consortium "Agoria Santé" qui doit permettre de "proposer aux acteurs publics et privés un cadre juridique et réglementaire maîtrisé et une gouvernance partagée pour réaliser des projets de recherche sur les données de santé", ont expliqué le 16 juin à TICpharma Olivier Vallet, PDG de Docaposte et Olivier Nataf, président d'AstraZeneca France, en marge du salon Vivatech.

"Agoria Santé a pour vocation de rassembler un collectif d'acteurs de la santé et de la science des données (structures hospitalières, acteurs académiques, laboratoires pharmaceutiques, medtechs, start-up etc.), qui poursuivent des objectifs communs: la quête de l'efficience des parcours de soins des patients, l'amélioration de la performance des systèmes de santé ou encore l'évaluation de l'usage et de l'impact en vie réelle des produits de santé", ont énoncé les trois partenaires dans un communiqué transmis à TICpharma.

Pour cela, le consortium propose une plateforme sécurisée d'hébergement et d'analyse des données de santé.

L'entrepôt de données de santé du consortium est hébergé "et opéré en France" au sein de l'environnement certifié hébergement de données de santé (HDS) de Docaposte.

Les résultats des projets de recherche seront restitués sous forme de données agrégées et anonymes.

La plateforme s'appuie sur une technologie de data science intégrant de l'intelligence artificielle (IA) à travers l'outil "DataChain" développé par Adobis, éditeur français dont Docaposte a pris une participation au capital à hauteur de 30% début juin.

Cet outil doit permettre aux porteurs de projets de mener leurs travaux sur la plateforme et d'accéder à un "catalogue de services" pour en accélérer la mise en œuvre.

L'objectif est "de permettre aux patients un accès plus rapide aux innovations thérapeutiques, d'optimiser leur parcours de soins et d'améliorer leur prise en charge" mais aussi de "faciliter la conduite des projets d'accès précoce au marché pour les acteurs de la filière", précisent les trois entreprises cofondatrices.

"Nous sommes chefs de file de ce consortium et notre mission est d'apporter une plateforme souveraine, de mettre à la disposition du consortium tout notre savoir-faire en termes d'IA, de data et de chaînage de données pour développer des services répondant aux besoins des clients du consortium, en plus de notre expertise en tant que tiers de confiance", a détaillé Olivier Vallet.

"AstraZeneca France est membre fondateur. Nous travaillons avec Docaposte et Impact Healthcare à définir ce à quoi va servir cette plateforme et comment nous allons l'utiliser. Nous apportons une expertise métier sur l'utilisation des données de santé, et notamment en tant que futur porteur de projets: sur les besoins et les questions auxquelles nous allons chercher à répondre (médicales, cliniques, scientifiques, épidémiologiques etc.)", a expliqué Olivier Nataf.

"A terme, nous serons un membre parmi les membres. Docaposte est le chef de file du consortium, nous sommes un cofondateur mais cela n'est pas une initiative d'AstraZeneca", a-t-il insisté.

Un consortium "ouvert à tous"

Les trois membres fondateurs d'Agoria Santé "partagent la conviction que la collaboration est au cœur de l'accélération de la transformation numérique de la santé", précisent leurs dirigeants, qui planchent sur le projet depuis "fin 2019".

"Cette offre répond à un besoin qui était vraiment présent sur le marché pour améliorer l'efficacité du système de santé. La preuve est qu'il n'y a pas aujourd'hui d'équivalent existant", a fait valoir Olivier Vallet.

Via ce partenariat, ils entendent "apporter des réponses à plusieurs freins au développement de l'utilisation des données de santé: des technologies analytiques avancées, la maîtrise nécessaire du cadre juridique dans un environnement très régulé, et la recherche d'un modèle économique pérenne pour soutenir la collecte et la valorisation des données".

Cette collaboration s'illustre également par le partage de bases de données, codes sources et algorithmes d'IA, permettant d'optimiser les recherches et servir ainsi "aux patients, établissements de soins, professionnels de santé, chercheurs, pouvoirs publics et industriels", ont énuméré les deux responsables.

"Le consortium est ouvert à tout type de partenaire qui pourrait enrichir la plateforme et partager de la donnée dans un cadre éthique et responsable", a annoncé le PDG de Docaposte.

"Nous avons rencontré beaucoup de monde dans la sphère institutionnelle et dans le monde de la santé et j'espère pouvoir annoncer de nouveaux partenaires très prochainement", a-t-il poursuivi.

Avant de lancer leur consortium et de s'ouvrir à de nouveaux membres, Docaposte, AstraZeneca France et Impact Healthcare ont "pris le temps de construire la plateforme et la tester", a souligné Olivier Vallet.

"Nous l'avons testée avec de vrais cas d'usage et de vraies exigences. C'est là que toute la compétence d'AstraZeneca a été utile. Aujourd'hui nous avons une solution dont nous savons qu'elle est opérationnelle et qui ne demande plus qu'à accueillir de nouveaux utilisateurs", a-t-il expliqué.

"Nous croulons sous les données de santé, nous avons possibilité d'avoir accès à ces données et pourtant nous devons encore leur donner du sens et de l'utilité et c'est cela qui nous motive. Il y a énormément de cas d'usage: cela peut aller de la meilleure compréhension des maladies d'un point de vue épidémiologique à l'impact clinique, économique ou organisationnel d'une intervention thérapeutique, diagnostique ou de prise en charge", a complété Olivier Nataf.

Pour le président de la filiale française d'AstraZeneca, il s'agit d'être "ensuite capable de mettre en place des outils d'analyse prédictive afin de modéliser ces impacts sur la prise en charge des patients ou, pour l'hôpital, du coût total d'un épisode de soins".

Une plateforme "complémentaire" avec celles des pouvoirs publics

Dans sa définition, le projet pourrait faire penser à un "Health Data Hub bis".

"Nous sommes convaincus que ce projet n'est pas une concurrent du Health Data Hub. C'est un consortium public-privé qui se place en complémentarité avec le Health Data Hub et avec tous les services et plateformes développés par les pouvoirs publics", a assuré le PDG de Docaposte.

"Nous avons présenté notre projet aux acteurs institutionnels dont le Health Data Hub, qui nous a fait un retour très constructif sur l'initiative que nous portons."

"Nous espérons jouer un rôle complémentaire et catalyseur. Ce que nous allons apporter à l'environnement des données de santé, ce sont des porteurs de projet qui ont des besoins concrets, qu'ils savent articuler et qu'ils ont déjà porté dans d'autres contextes", a complété Olivier Nataf.

"Il est tout à fait naturel d'aller chercher le Health Data Hub, de compléter ces données avec les données nationales du système national des données de santé (SNDS) et faire de l'enrichissement de la base de données initiale pour la rendre plus représentative", a-t-il poursuivi.

Des desseins atteignables puisqu'Agoria Santé "est homologuée selon le référentiel de l'arrêté du 22 mars 2017 permettant le traitement des données du SNDS", ont fait savoir les cofondateurs du consortium.

Le catalogue de données est d'ailleurs "en cours de constitution", a-t-on également appris.

Concernant le modèle économique de la structure, il s'agit d'un "cofinancement" mis en place entre les trois entreprises cofondatrices, a rapporté Olivier Vallet, sans dévoiler les montants investis.

"Il y a plusieurs façons de contribuer au consortium", a souligné Olivier Nataf. "Il y a ceux qui vont contribuer financièrement pour devenir membre, via un apport initial et par ailleurs, il y aura un financement par projet. Chaque projet sera pluri-acteurs et il va avoir des économies d'échelle qui seront réalisées en planifiant les projets annuellement, par exemple."

En outre, un acteur pourra contribuer "sans financement" mais en "apportant de la donnée", a précisé le président d'AstraZeneca France.

Du côté des ressources humaines allouées au projet, trois salariés de Docaposte sont "à 100% dédiés au pilotage du consortium" et le lead a été confié à Hubert Méchin, fondateur d'InAdvans.

Créée en 2012, la start-up InAdvans a été acquise par la filiale du groupe La Poste en 2020, rappelle-t-on. Elle développe des solutions pour accompagner les acteurs du monde de la santé dans leur transformation numérique et s'occupe, notamment, des contraintes légales et réglementaires qui leurs sont opposées.

Une "dizaine" de personnes issues des rangs AstraZeneca est également mobilisée et au total ce sont "25 à 30 personnes" qui travaillent sur le projet qui n'a, toutefois, pas de gouvernance propre.

Wassinia Zirar
Wassinia.Zirar@apmnews.com

Source : https://www.ticpharma.com/story/1660/donnees-de-sante-docaposte-astrazeneca-et-impact-healthcare-creent-le-consortium-agoria-sante.html